Ce vendredi dernier, 15 Août, est synonyme ici de fête nationale de l'indépendance, qui célèbre joyeusement ses 61 ans!
Nous disposions donc d'un WE de 3 jours, que nous avons décidé de mettre à profit en partant 2 jours, un peu au hasard, à Mysore.
Mysore est une ville un peu au sud ouest de Bangalore; elle est connue pour différentes choses, les plus connues étant la qualité et l'abondance de sa soie, et la grandeur et la magnificence de son palais royal.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mysore (pour ceux qui veulent "Mysore pour les nuls")
Le programme est le suivant: se rendre à Mysore (120km, donc plus de 3h de route), voir sur place si on peut se rendre dans la campagne avoisinante, qui promet des découvertes faunistiques sauvages intéressantes, et si besoin et possibilité, trouver un hôtel ou un endroit pour passer la nuit afin de profiter au mieux de la ville.
Nous décidons donc de nous lever un peu tôt le vendredi matin, de manière à profiter vraiment de notre journée en dépit du temps de trajet.
Heure du réveil: 5h30 ... Oui, ça fait mal ! QU'à cela ne tienne, on dormira samedi ou dimanche!
Nous voilà donc partis, gentiment conduits par notre guide de toujours (dans son gros 4x4).
Les premiers kilomètres passent rapidement, les bruits de la route et les zigzags nous bercent dans un léger sommeil bienfaiteur.
Sur la route, nous voyons toujours les mêmes choses, toujours les mêmes tableaux, les mêmes couleurs, qui font la variété et le dynamisme de l'Inde, et ravissent le voyageur:
Ici un berger qui mène ses vaches, ses moutons et ses chèvres au prochain village pour y vendre les produits, là, une course effrénée de tuk tuk plus colorés les uns que les autres;
Ici, deux jeunes femmes en saree dont les couleurs rivalisent d'audace, et qui portent en équilibre sur la tête des baluchons disproportionnés comme s'il s'agissait de simples fétus de paille;
Là encore, un marchand de tuyaux en plastiques qui échange les derniers potins et le cours de la rupee au marché "gris" avec son voisin;
Les marchés, justement, on en voit quelques uns, qui font comme de brusques tâches de couleurs dans notre champ de vision, et qui s'étirent au gré de la vitesse de la voiture;
Les empilements de fruits sont savants et très esthétiques, comme garants d'une bonne vente; les tissus et vêtements ne sont surtout pas rangés par couleur, ce qui garantit un patchwork éclatant qui attire inévitablement l'oeil du touriste européen si peu habitué à tant de vivacité;
Tous ces enchantements sont bien sûr contrebalancés par la réalité crue de ce pays: la pauvreté est partout, et elle ne prend pas la peine de se cacher, non pas qu'elle puisse d'ailleurs le faire:
Les bidonvilles s'empilent, se succèdent, s'accumulent entre les bâtiments abritant les membres privilégiés du gouvernement ou les hôtels pour touristes;
Les toits de ces abris ne sont même pas rigides, il s'agit simplement de superposition de larges feuilles de palme et de tissus de toute provenance;
En ville, il faut se méfier, comme partout, de cette pauvreté affichée qui mendie à chaque arrêt de circulation; certains de nos collègues nous ont mis en garde contre ce "racket organisé";
Il est certain que les habitants tireraient un grand bénéfice immédiat des sous que nous leur donnons, mais, comme partout, on tente d'amadouer le touriste avec des enfants, parfois très jeunes, et pourtant déjà parfaitement habitués à faire la manche.
Ils utilisent aussi énormément le visage de la religion; très nombreux sont les vendeurs qu'on qualifierait "à la sauvette" qui vous demandent des sous, simplement pour vous montrer le visage d'une de leurs divinités, et promettent en échange d'un don, un coup d'oeil bienfaiteur de là-haut sur vos activités à venir;
Et l'Inde et ses habitants sont ainsi faits que la plupart du temps, ce sont les locaux qui donnent le plus, mus par leur conviction forte et leurs multi croyances;
Les routes que nous parcourons, comme toutes celles sur lesquelles nous avons roulé jusqu'à présent, sont de qualité très moyenne, ce qui explique la lenteur de chaque déplacement;
Ici, point de service des voiries; ou plutôt si, sous forme d'une multitude de petites mains qui viennent chaque jour donner un million de coups de balais le long des routes empoussiérées du passage incessant de tous ces véhicules plus polluants les uns que les autres;
Les nids de poule sont nombreux, et souvent difficiles à éviter ... notre tête en a fait les frais plus souvent qu'à son tour lors de nos trajets quotidiens ...
Pour en revenir au but de notre voyage, après donc 3h de route, nous atteignons enfin la ville tant convoitée: Mysore !!! (Il faut le prononcer en imaginant des milliards de diamants qui brillent et produisent ce petit bruit caractéristique des contes de fées)
Aux premiers abords, j'avoue, je suis un peu déçue: la ville est en tous points identique à Bangalore: les même rues bondées, ultra bruyantes et sur-placardées de publicités (j'invente des mots pour décrire mes sentiments),
Les même tuk tuk fuyants et téméraires, les mêmes couleurs sur les vêtements ...
Nous nous arrêtons dans un hôtel que notre guide connaît b
ien, après avoir demandé notre chemin plusieurs fois (sisi, c'est bien lui qui a demandé son chemin, un homme, rendez-vous compte!).
Une petite collation plus tard (comprenez des oeufs initialement au bacon qui finalement se sont transformés en oeufs au jambon reconstitué, avec frites, faute de bacon), renseignement pris, nous décidons de repartir pour Nagahole pour y passer le reste de la journée et la nuit.
Nagahole est supposé être une sorte de pension au milieu de la jungle, à une heure de trajet de Mysore, qui propose des safaris dans une forêt qui abrite a priori pas mal d'espèces sauvages.
Après avoir dépassé la dernière ville du trajet avant arrivée à destination, nous nous retrouvons forcés d'emprunter une route de terre plus bossue qu'une tortue, avec des trous de la taille d'une roue de tracteur.
Même pas peur, notre guide et "chauffeur" nous emmène cahin-caha au travers de ce dédale qui vous retourne l'estomac rien qu'à le regarder (inutile de préciser que mes oeufs ont connu les montagnes russes façon Inde du Sud).
20 longues minutes plus tard, nous "tombons" sur une route de nouveau goudronnée!
Inutile de demander son chemin par ici, il n'y a que cette route, qui s'enfile entre les champs où paissent de nombreuses vaches (toujours indiennes, n'imaginez pas de belles normandes ici!), et la forêt dense, mais pour l'instant, encore accueillante!
Toujours pleins de volonté, nous continuons d'avancer, pendant encore une bonne demi heure, durant laquelle nous traversons de petits villages loin de tout, même de toute notion de modernité;
Par ici, tout est resté semblable à il y a une centaine d'année (dixit notre guide):
Les femmes lavent le linge au lavoir du village, c'est à dire presque sous le pont qui permet l'accès à la place;
Les couleurs sont partout éclatantes, les femmes s'occupent du labeur quotidien, cependant que les hommes s'occupent des bêtes ou travaillent à l'extérieur;
Anachronisme parfait: la plupart de ces habitants ont un portable dernier cri, ce qui nous laisse un peu perplexes ...
Comme de bien entendu, ils nous regardent passer avec un mélange de curiosité et de désintéressement total (il est vrai qu'on n'apporte pas grand chose à leur vie, si ce n'est un peu plus de pollution..)
Tout cela nous donne l'impression globale de pénétrer dans un monde, comme feutré, encore vierge de tous les travers de la vie moderne telle qu'on la connaît;
On se sent comme revenir à la source, la nature, et l'homme en totale communion avec elle, qui sait largement vivre avec le strict nécessaire (conclusion facile d'une européenne en voyage); c'est vraiment dépaysant, et tellement plaisant!
...
Nous disposions donc d'un WE de 3 jours, que nous avons décidé de mettre à profit en partant 2 jours, un peu au hasard, à Mysore.
Mysore est une ville un peu au sud ouest de Bangalore; elle est connue pour différentes choses, les plus connues étant la qualité et l'abondance de sa soie, et la grandeur et la magnificence de son palais royal.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mysore (pour ceux qui veulent "Mysore pour les nuls")
Le programme est le suivant: se rendre à Mysore (120km, donc plus de 3h de route), voir sur place si on peut se rendre dans la campagne avoisinante, qui promet des découvertes faunistiques sauvages intéressantes, et si besoin et possibilité, trouver un hôtel ou un endroit pour passer la nuit afin de profiter au mieux de la ville.
Nous décidons donc de nous lever un peu tôt le vendredi matin, de manière à profiter vraiment de notre journée en dépit du temps de trajet.
Heure du réveil: 5h30 ... Oui, ça fait mal ! QU'à cela ne tienne, on dormira samedi ou dimanche!
Nous voilà donc partis, gentiment conduits par notre guide de toujours (dans son gros 4x4).
Les premiers kilomètres passent rapidement, les bruits de la route et les zigzags nous bercent dans un léger sommeil bienfaiteur.
Sur la route, nous voyons toujours les mêmes choses, toujours les mêmes tableaux, les mêmes couleurs, qui font la variété et le dynamisme de l'Inde, et ravissent le voyageur:
Ici un berger qui mène ses vaches, ses moutons et ses chèvres au prochain village pour y vendre les produits, là, une course effrénée de tuk tuk plus colorés les uns que les autres;
Ici, deux jeunes femmes en saree dont les couleurs rivalisent d'audace, et qui portent en équilibre sur la tête des baluchons disproportionnés comme s'il s'agissait de simples fétus de paille;
Là encore, un marchand de tuyaux en plastiques qui échange les derniers potins et le cours de la rupee au marché "gris" avec son voisin;
Les marchés, justement, on en voit quelques uns, qui font comme de brusques tâches de couleurs dans notre champ de vision, et qui s'étirent au gré de la vitesse de la voiture;
Les empilements de fruits sont savants et très esthétiques, comme garants d'une bonne vente; les tissus et vêtements ne sont surtout pas rangés par couleur, ce qui garantit un patchwork éclatant qui attire inévitablement l'oeil du touriste européen si peu habitué à tant de vivacité;
Tous ces enchantements sont bien sûr contrebalancés par la réalité crue de ce pays: la pauvreté est partout, et elle ne prend pas la peine de se cacher, non pas qu'elle puisse d'ailleurs le faire:
Les bidonvilles s'empilent, se succèdent, s'accumulent entre les bâtiments abritant les membres privilégiés du gouvernement ou les hôtels pour touristes;
Les toits de ces abris ne sont même pas rigides, il s'agit simplement de superposition de larges feuilles de palme et de tissus de toute provenance;
En ville, il faut se méfier, comme partout, de cette pauvreté affichée qui mendie à chaque arrêt de circulation; certains de nos collègues nous ont mis en garde contre ce "racket organisé";
Il est certain que les habitants tireraient un grand bénéfice immédiat des sous que nous leur donnons, mais, comme partout, on tente d'amadouer le touriste avec des enfants, parfois très jeunes, et pourtant déjà parfaitement habitués à faire la manche.
Ils utilisent aussi énormément le visage de la religion; très nombreux sont les vendeurs qu'on qualifierait "à la sauvette" qui vous demandent des sous, simplement pour vous montrer le visage d'une de leurs divinités, et promettent en échange d'un don, un coup d'oeil bienfaiteur de là-haut sur vos activités à venir;
Et l'Inde et ses habitants sont ainsi faits que la plupart du temps, ce sont les locaux qui donnent le plus, mus par leur conviction forte et leurs multi croyances;
Les routes que nous parcourons, comme toutes celles sur lesquelles nous avons roulé jusqu'à présent, sont de qualité très moyenne, ce qui explique la lenteur de chaque déplacement;
Ici, point de service des voiries; ou plutôt si, sous forme d'une multitude de petites mains qui viennent chaque jour donner un million de coups de balais le long des routes empoussiérées du passage incessant de tous ces véhicules plus polluants les uns que les autres;
Les nids de poule sont nombreux, et souvent difficiles à éviter ... notre tête en a fait les frais plus souvent qu'à son tour lors de nos trajets quotidiens ...
Pour en revenir au but de notre voyage, après donc 3h de route, nous atteignons enfin la ville tant convoitée: Mysore !!! (Il faut le prononcer en imaginant des milliards de diamants qui brillent et produisent ce petit bruit caractéristique des contes de fées)
Aux premiers abords, j'avoue, je suis un peu déçue: la ville est en tous points identique à Bangalore: les même rues bondées, ultra bruyantes et sur-placardées de publicités (j'invente des mots pour décrire mes sentiments),
Les même tuk tuk fuyants et téméraires, les mêmes couleurs sur les vêtements ...
Une petite collation plus tard (comprenez des oeufs initialement au bacon qui finalement se sont transformés en oeufs au jambon reconstitué, avec frites, faute de bacon), renseignement pris, nous décidons de repartir pour Nagahole pour y passer le reste de la journée et la nuit.
Nagahole est supposé être une sorte de pension au milieu de la jungle, à une heure de trajet de Mysore, qui propose des safaris dans une forêt qui abrite a priori pas mal d'espèces sauvages.
Après avoir dépassé la dernière ville du trajet avant arrivée à destination, nous nous retrouvons forcés d'emprunter une route de terre plus bossue qu'une tortue, avec des trous de la taille d'une roue de tracteur.
Même pas peur, notre guide et "chauffeur" nous emmène cahin-caha au travers de ce dédale qui vous retourne l'estomac rien qu'à le regarder (inutile de préciser que mes oeufs ont connu les montagnes russes façon Inde du Sud).
20 longues minutes plus tard, nous "tombons" sur une route de nouveau goudronnée!
Inutile de demander son chemin par ici, il n'y a que cette route, qui s'enfile entre les champs où paissent de nombreuses vaches (toujours indiennes, n'imaginez pas de belles normandes ici!), et la forêt dense, mais pour l'instant, encore accueillante!
Toujours pleins de volonté, nous continuons d'avancer, pendant encore une bonne demi heure, durant laquelle nous traversons de petits villages loin de tout, même de toute notion de modernité;
Par ici, tout est resté semblable à il y a une centaine d'année (dixit notre guide):
Les femmes lavent le linge au lavoir du village, c'est à dire presque sous le pont qui permet l'accès à la place;
Les couleurs sont partout éclatantes, les femmes s'occupent du labeur quotidien, cependant que les hommes s'occupent des bêtes ou travaillent à l'extérieur;
Anachronisme parfait: la plupart de ces habitants ont un portable dernier cri, ce qui nous laisse un peu perplexes ...
Comme de bien entendu, ils nous regardent passer avec un mélange de curiosité et de désintéressement total (il est vrai qu'on n'apporte pas grand chose à leur vie, si ce n'est un peu plus de pollution..)
Tout cela nous donne l'impression globale de pénétrer dans un monde, comme feutré, encore vierge de tous les travers de la vie moderne telle qu'on la connaît;
On se sent comme revenir à la source, la nature, et l'homme en totale communion avec elle, qui sait largement vivre avec le strict nécessaire (conclusion facile d'une européenne en voyage); c'est vraiment dépaysant, et tellement plaisant!
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2 commentaires:
Isa,
vivement la suite de ce voyage. C'est passionnant.
Quand tu en auras marre de l'informatique fais-toi écrivain.
Je pense que Guillaume t'as raconté notre WE du 15 aout. Il etait beaucoup moins coloré mais on a tres bien mangé.
Je t'embrasse
Xavier
Isa , novice sur le blog je t'ai mis un long commentaire après celui de Monique et Yves le 1er jour . J'espère que tu le récupéreras pour que tu sentes les douces pensées que je t'envoie et l'intérêt à te lire . Paule
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