vendredi 29 août 2008

Un WE a Mysore... troisième partie ...

Nous voilà donc partis à bord du SUV de notre guide, bien décidé à nous faire profiter de notre venue à Mysore pour visiter cette fameuse forêt de Nagarahole.Nous prenons donc la suite de la route qui nous a amené jusque la "pension".Au bout de quelques mètres, nous tombons sur un léger barrage, gardé par deux membres des équipes forestières, et qui annonce l'entrée, disons, officielle, de la forêt.Les gardes contrôlent les allers venus des visiteurs, à l'aide d'un registre dans lequel on signe à l'entrée et à la sortie. Il est bien sûr de bon ton de "remercier" les gardes de leurs efforts et leur gentillesse (vous comprenez bien, il s'agit de bakchich!).Cette formalité passée, nous entrons vraiment au coeur de la forêt, les yeux grands ouverts, et les appareils photo à l'affût de la moindre tâche de couleur qui tranche avec les nuances de vert foncé et le marron de la végétation alentour.

Les premières dizaines de mètres sont silencieuses, anxieuses, presque angoissantes: nous nous attendons à voir des animaux sauvages bondir de partout à l'attaque de notre voiture, et à la fois, nous redoutons de n'en voir aucun, du fait même qu'ils sont sauvages.Nous arrivons en vue d'un village minuscule, à l'entrée duquel nous trouvons un nouveau barrage, tenu par un autre garde.Après rapide discussion, nous embarquons à notre bord ce garde qui promet de nous emmener dans les endroits où nous pourrons enfin voir ces animaux tant désirés.En traversant le village, nous apercevons au loin ... un éléphant! Qui semble mener son chemin de lui même, autrement dit, un éléphant sauvage!!!A nos têtes quelque peu effrayées, le garde sourit, et nous explique qu'il s'agit bien sûr d'éléphants "apprivoisés" par les villageois pour les aider aux travaux pénibles, comme le transport du bois, ou le défrichage de leurs champs, ce que nous constatons ébahis quelques mètres plus loin.La puissance tranquille exceptionnelle de l'animal semble étrangement contrôlée par le minuscule homme qui est assis sur sa tête, se calant au sommet en s'appuyant de ses deux pieds sur les oreilles de sa monture.Des enfants et des femmes du village suivent et entourent l'éléphant, le regardant et riant comme s'il s'agissait d'une grande première pour eux, tandis que nous savons bien (des dires du garde) qu'il n'en est rien.Nous admirons leur émerveillement, et ce que j'assimile à leur respect de la nature et de ses créations qui leur permettent de vivre plus agréablement.Le garde nous permet un court arrêt pour prendre quelques photos et prolonger l'instant, avant de signifier de repartir.Nous continuons donc notre incursion dans la forêt, rendus confiants par la présence du garde.

La forêt autour de nous est dense, sauvage, magnifique. La route que nous suivons est la seule route «goudronnée» dans toute la forêt qu’elle traverse de part en part (25 km environ);Nous apercevons de temps en temps un départ de chemin, parfois à peine tracé, camouflé par la flore qui reprend sans cesse ses droits sur les desideratas des hommes;Ces chemins sont ceux que nous aurions dû emprunter avec le safari officiel, mais nous ne pouvons pas nous y aventurer, du fait de la pluie qui ramolli tout, et nous promet de nous embourber si nous quittons la route principale.De tous côtés, des arbres gigantesques, gardés et protégés à leurs pieds par de plus petits buissons, qui abritent aussi certainement quelques animaux ainsi cachés de notre regard inquisiteur.

Soudain, au détour d'un virage de la route, le garde attire notre attention sur le côté droit de la voiture, en recommandant à notre guide de ralentir un peu (sans pour autant s'arrêter, dans la mesure où il est interdit de d'arrêter totalement dans cette forêt).C'est là que nous les apercevons pour la première fois: un daim tacheté, non deux, non une dizaine, mangeant tranquillement sur le côté de la route, relevant à peine la tête pour nous voir passer, trop habitués qu'ils sont à voir défiler quelques rares voitures qui ne s'arrêtent jamais, suivant les consignes strictes données par les autorités locales.Ils sont tout a fait semblables aux daims que nous pouvons voir dans beaucoup de zoos en France, mais ceux-ci ont une beauté, une légèreté, un naturel, qui leur est évidemment conféré par leur liberté criante.Ils sont magnifiques de grâce, de finesse, de délicatesse. Leurs couleurs, les ondulations de leurs tâches sur leur dos sont tellement pleines de naturel, de vivacité, de liberté, c'est éclatant, c'est magnifique.On en distingue des adultes, qui possèdent des bois déjà plutôt bien formés; de plus jeunes, auxquels les ramures poussent juste; et les tout petits, presque encore frêles sur leurs fines pattes, mais déjà capables de bondir au loin au moindre signe de danger;Tous n'ont qu'une seule préoccupation, hormis la pollution dégagée par notre véhicule: cueillir les herbes les plus tendres et les plus goûteuses pour se repaître avant que la nuit ne tombe, et qu'avec elle n'apparaissent les prédateurs.

Effectivement, le garde nous explique que les autorités locales tentent de conserver la forêt le plus sauvage possible, en intervenant le moins possible;Ainsi, les animaux qui y vivent ne sont jamais nourris de la main de l'homme; aucun animal n'est jamais capturé; aucun animal n'est marqué d'une quelconque façon.Ce qui signifie, comme de bien entendu, que les magnifiques et fragiles daims que nous contemplons avidement servent de dîner à quelque fauve tapi dans l'ombre en attendant sa chance...... c'est terrible, pour de petits coeurs de fille comme nous, mais c'est aussi la beauté de l'équilibre maintenu par la nature.

Après les photos d'usage, nous reprenons de la vitesse pour poursuivre notre route dans cette forêt pleine de surprises.Nous apercevons bien d'autres groupes de daims, à droite ou a gauche, à peine camouflés par les buissons de végétation qui garnissent les bords de route.Le plus gros groupe que nous voyons doit bien compter une trentaine d'individus!En coeurs tendres que nous sommes, nous sommes émerveillés de tant de générosité de la nature à notre égard; notre guide, lui, semble déçu;Il s'attendait à voir des animaux, disons, plus impressionnants ...
Il est bientôt 18h, et nous devons être sortis de la forêt avant cet instant, ordre des autorités; nous faisons donc demi tour, profitant au passage de revoir les merveilles dont nous avons profité à l'aller.Le retour à la pension est enjoué, mais un peu emprunt de déception;Après une soirée tranquille à jouer aux cartes, nous décidons de tenter de nous lever un peu tôt le lendemain matin pour retourner aux première heures dans la forêt, surprendre quelque animal encore endormi, non encore retourné se cacher dans les profondeurs des bois.
Nous nous levons donc le lendemain matin à 6h, les yeux encore tout lourds de sommeil, et nous reprenons la route de la veille, pleins d'espoir!A peine quelques dizaines de mètres, une fois passé le village, notre guide, nettement plus éveillé que nous, ralenti soudain, nous faisant signe de regarder sur le côté gauche de la voiture.C'est à ce moment que nous apercevons, un peu dissimulé par les arbres et les branches alentour, un éléphant sauvage !!!!!Il se tient seulement à quelques mètres de la voiture, et nous fixe d'un oeil suspicieux et inquiétant: il est évident que nous le surprenons dans quelque tâche éléphantesque, à laquelle il n'est pas habitué à convier des humains dans une boite en métal bruyante.L'instant est magique: le face à face inattendu, surprenant, à l'équilibre précaire, de deux espèces qui ne se rencontrent habituellement que dans un cadre laissant un net avantage à l'une d'elles.Il nous laisse 10 secondes pour le prendre en photo, puis pousse un barrissement qui nous fait comprendre, sans avoir besoin de se concerter, qu'il nous faut partir ... rapidement !

Ce fut bref, mais rien que pour cela, nous ne regrettons absolument pas de nous être arrachés de notre sommeil!Nous continuons sur cette même route, le long de laquelle nous apercevons des groupes de daims identiques à ceux de la veille, toujours aussi gracieux;Nous apercevons aussi des paons allant par couple, se dandinant le long de la route jusqu'à trouver une brèche dans la verdure qui leur offre une protection à notre regards;Nous voyons quelques faisans, de belle taille, colorés, servant certainement d'apéritif occasionnel aux tigres qui habitent ces lieux, mais que nous n'auront pas la chance d'apercevoir.

Nous rentrons une heure après à la pension, à temps pour le petit déjeuner durant lequel nous échangeons notre émerveillement pour ce que nous venons de voir: fantastique!Le "safari" fut court, mais tellement plein de surprises, de beautés de la nature, nous sommes simplement comblés.

Ceci dit, la journée n'est pas finie, et nous projetons de retourner à Mysore pour y admirer son palais royal, dont les splendeurs sont connues à travers tout le pays!

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