Nous voilà donc partis à bord du SUV de notre guide, bien décidé à nous faire profiter de notre venue à Mysore pour visiter cette fameuse forêt de Nagarahole.Nous prenons donc la suite de la route qui nous a amené jusque la "pension".Au bout de quelques mètres, nous tombons sur un léger barrage, gardé par deux membres des équipes forestières, et qui annonce l'entrée, disons, officielle, de la forêt.Les gardes contrôlent les allers venus des visiteurs, à l'aide d'un registre dans lequel on signe à l'entrée et à la sortie. Il est bien sûr de bon ton de "remercier" les gardes de leurs efforts et leur gentillesse (vous comprenez bien, il s'agit de bakchich!).Cette formalité passée, nous entrons vraiment au coeur de la forêt, les yeux grands ouverts, et les appareils photo à l'affût de la moindre tâche de couleur qui tranche avec les nuances de vert foncé et le marron de la végétation alentour.
Les premières dizaines de mètres sont silencieuses, anxieuses, presque angoissantes: nous nous attendons à voir des animaux sauvages bondir de partout à l'attaque de notre voiture, et à la fois, nous redoutons de n'en voir aucun, du fait même qu'ils sont sauvages.Nous arrivons en vue d'un village minuscule, à l'entrée duquel nous trouvons un nouveau barrage, tenu par un autre garde.Après rapide discussion, nous embarquons à notre bord ce garde qui promet de nous emmener dans les endroits où nous pourrons enfin voir ces animaux tant désirés.
La forêt autour de nous est dense, sauvage, magnifique. La route que nous suivons est la seule route «goudronnée» dans toute la forêt qu’elle traverse de part en part (25 km environ);Nous apercevons de temps en temps un départ de chemin, parfois à peine tracé, camouflé par la flore qui reprend sans cesse ses droits sur les desideratas des hommes;Ces chemins sont ceux que nous aurions dû emprunter avec le safari officiel, mais nous ne pouvons pas nous y aventurer, du fait de la pluie qui ramolli tout, et nous promet de nous embourber si nous quittons la route principale.De tous côtés, des arbres gigantesques, gardés et protégés à leurs pieds par de plus petits buissons, qui abritent aussi certainement quelques animaux ainsi cachés de notre regard inquisiteur.
Soudain, au détour d'un virage de la route, le garde attire notre attention sur le côté droit de la voiture, en recommandant à notre guide de ralentir un peu (sans pour autant s'arrêter, dans la mesure où il est interdit de d'arrêter totalement dans cette forêt).C'est là que nous les apercevons pour la première fois: un daim tacheté, non deux, non une dizaine, mangeant
Effectivement, le garde nous explique que les autorités locales tentent de conserver la forêt le plus sauvage possible, en intervenant le moins possible;Ainsi, les animaux qui y vivent ne sont jamais nourris de la main de l'homme; aucun animal n'est jamais capturé; aucun animal n'est marqué d'une quelconque façon.Ce qui signifie, comme de bien entendu, que les magnifiques et fragiles daims que nous contemplons avidement servent de dîner à quelque fauve tapi dans l'ombre en attendant sa chance...... c'est terrible, pour de petits coeurs de fille comme nous, mais c'est aussi la beauté de l'équilibre maintenu par la nature.
Après les photos d'usage, nous reprenons de la vitesse pour poursuivre notre route dans cette forêt pleine de surprises.Nous apercevons bien d'autres groupes de daims, à droite ou a gauche, à peine camouflés par les buissons de végétation qui garnissent les bords de route.Le plus gros groupe que nous voyons doit bien compter une trentaine d'individus!En coeurs tendres que nous sommes, nous sommes émerveillés de tant de générosité de la nature à notre égard; notre guide, lui, semble déçu;Il s'attendait à voir des animaux, disons, plus impressionnants ...
Il est bientôt 18h, et nous devons être sortis de la forêt avant cet instant, ordre des autorités; nous faisons donc demi tour, profitant au passage de revoir les merveilles dont nous avons profité à l'aller.Le retour à la pension est enjoué, mais un peu emprunt de déception;Après une soirée tranquille à jouer aux cartes, nous décidons de tenter de nous lever un peu tôt le lendemain matin pour retourner aux première heures dans la forêt, surprendre quelque animal encore endormi, non encore retourné se cacher dans les profondeurs des bois.
Nous nous levons donc le lendemain matin à 6h, les yeux encore tout lourds de sommeil, et nous reprenons la route de la veille, pleins d'espoir!A peine quelques dizaines de mètres, une fois passé le village, notre guide, nettement plus éveillé que nous, ralenti soudain, nous faisant signe de regarder sur le côté gauche de la voiture.C'est à ce moment que nous apercevons,
Ce fut bref, mais rien que pour cela, nous ne regrettons absolument pas de nous être arrachés de notre sommeil!Nous continuons sur cette même route, le long de laquelle nous apercevons des groupes de daims identiques à ceux de la veille, toujours aussi gracieux;Nous apercevons aussi des paons allant par couple, se dandinant le long de la route jusqu'à trouver une brèche dans la verdure qui leur offre une protection à notre regards;Nous voyons quelques faisans, de belle taille, colorés, servant certainement d'apéritif occasionnel aux tigres qui habitent ces lieux, mais que nous n'auront pas la chance d'apercevoir.
Nous rentrons une heure après à la pension, à temps pour le petit déjeuner durant lequel nous échangeons notre émerveillement pour ce que nous venons de voir: fantastique!Le "safari" fut court, mais tellement plein de surprises, de beautés de la nature, nous sommes simplement comblés.
Ceci dit, la journée n'est pas finie, et nous projetons de retourner à Mysore pour y admirer son palais royal, dont les splendeurs sont connues à travers tout le pays!
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