Nous arrivons donc en vue de l'établissement tant convoité: un portail en fer électrifié haut de 2m en interdit l'accès; de chaque côté, une petite maisonnette dans le style maison de garde.De l'une d'elle jailli un jeune homme, sans doute alerté par le bruit du moteur troublant la quiétude alentour.Après confirmation que nous sommes bien au bon endroit, on nous autorise à entrer.Un premier virage a gauche, puis, quelques mètres plus loin, un virage a gauche; nous longeons par la gauche l'établissement et les terrains qui l'entourent.De loin, cela ressemble à une sorte d'énorme salle commune, surélevée de quelques marches, ouverte aux vents (chauds en cette saison), avec un toit recouvert de chaume qui descend presque jusqu'au sol.Autour de cette salle commune, une sorte de très grand parc vert.Le parc est découpé en plusieurs espaces délimités par les chemins de dalle qui permettent aux clients de rejoindre leur bungalow, ou de passer de la salle commune à l'aire de jeux pour enfants.Chaque espace semble aménagé avec soin pour le plus grand bonheur de l'oeil du visiteur. On peut y voir des vergers de pommiers, de grenades, ou de "guavas" (nous n'avons pas encore trouvé le nom français pour ce fruit jusqu'alors inconnu), qui s'intercalent avec des buissons fleuris roses ou jaunes;On entrevoit, dans la direction des habitations, une micro forêt de bambous, qui jouxte un arbre qui semble bien âgé, non identifié, mais dont les feuilles nous rappellent celles du laurier (en plus grand ceci dit).Toute cette végétation est tenue en respect par cette même "main d'oeuvre" que l'on retrouve partout, et dont on aperçois les membres, accroupis au milieu de ces mini vallées vertes ou au pied des arbres, qui arrachent patiemment et méthodiquement la verdure qui a l'audace de dépasser la limite autorisée.
Nous nous garons devant ce qui semble être l'entrée principale pour la salle commune, et aussitôt, un "valet" vient nous ouvrir la porte de la voiture, avec force révérence.Un homme, qui paraît être le chef du personnel, se présente à nous avec un plateau de bonbons en nous souhaitant la bienvenue ... une éternelle crainte nous reprend: de quoi s'agit-il cette fois ci ?Il faut savoir que par ici, d'après nos collègues et tous nos interlocuteurs indiens, il est plutôt mal venu de refuser une offrande alimentaire, parce qu'elle est pour la plupart synonyme de don de soi ou d'une divinité, et qu'elle fait de toute façon partie du "package de bienvenue" implicite au « savoir recevoir » indien.... pas d'inquiétude, il s'agit de petites choses semblables à des Werther's (les connaisseurs comprendront notre bonheur gustatif).On nous dirige vers une table basse, pour patienter en attendant la distraction du début d'après midi: un « charmeur montreur » de serpents!Nous patientons donc 10min, et puis, comme nous commençons bien à nous habituer au rythme indien (le rythme qui dit qu'on mange tout le temps!), nous nous dirigeons discrètement vers une table, histoire de grignoter rien qu'un peu ... (le tout se transforme en véritable repas au buffet...)
Une demi heure plus tard, le charmeur de serpent rassemble la foule pour son numéro.Il a une apparence plutôt rigolote: il est habillé en style trekkeur (un short et un t-shirt "passe partout"), avec de bonnes chaussures de marche;Il porte un chapeau de cow boy, sur lequel sont punaisés des sortes de pin's;Et puis surtout, il doit porter au moins 20 bagues, 2 a chaque doigt (j'élabore des théories sur l'utilité d'une telle profusion d'éclat: est-ce que les serpents craignent la lumière? Je n'aurai pas de réponse...) et autant de colliers, et de pin's sous lesquels croule son fameux t-shirt... brillant le garçon !Il commence par une trèèèèèèèès longue introduction sur les serpents, leur vie, leurs habitudes, l'art de les charmer, de les manipuler, pour finir sur les gestes qui sauvent en cas d'accident regrettable et inattendu (rassurant, pour le pire d'entre eux, rien à faire, on meurt de toute façon en 30min chronomètre en main).
Suite à quoi il sort enfin le premier serpent de son sac (oui, parce que les serpents sont transportés dans des sacs, et non pas dans des boites comme je pensais, imaginez une très grosse chaussette qui bouge toute seule ...)C'est un tout petit serpent, tout fin, qui a l'air tout inoffensif; effectivement, après rapide présentation de l'individu, le charmeur a tôt fait d'inviter les enfants alentour à venir tenir le dit serpent dans leurs mains ...Brrr ... A priori, ça ne mord pas! Mais nous n'avons pas été voir de plus près...Je vous passe les 5 suivants, pour aller directement au final: le cobra!
Celui-ci est dans une boite en bois, et le charmeur nous indique qu'il a encore ses crocs, donc qu'il faut éviter de trop s'approcher... (Sinon on aurait été y mettre la main, vous pensez!)Il entrouvre la boite, et lentement, majestueusement, se dresse le cobra.Il est magnifique! Plutôt grand (certainement 4 mètres), gros comme un bras, d'une couleur fluctuant suivant la lumière et les ondulations de son corps entre le vert foncé et le marron;Il semble jeter un coup d'oeil alentour, puis se décide à sortir complètement, histoire de "voir" de plus près tous ces bipèdes qui semblent prendre un malin plaisir à se faire peur.Le charmeur lui tourne autour, l'appelle, s'approche un peu; le cobra, méfiant, se dresse, et laisse voir sa magnifique face dorsale (son cou), arborant fièrement (et aussi de manière menaçante finalement) des lunettes dessinées en noir sur le marron un peu plus clair à cet endroit.Magnifique, effectivement, mais il est vrai qu'à cet instant, on est content qu'il nous tourne le dos!Par des tours et pirouettes successives, le dresseur parvient à le faire s'enrouler sur lui-même, toujours dressé en position d'attaque.Il tente d'arborer un air léger, mais on peut bien voir qu'il est extrêmement précautionneux quant à ses pas et gestes.Un dernier tour, pour bien illustrer le fait que le serpent est sourd, et il est temps de le remettre dans sa boite.Nous saurons plus tard qu'il est très fréquent de tomber sur un serpent dans les régions un peu "sauvages" de l'Inde (comprenez, en pleine ville, dans votre jardin, par exemple), mais ils ne sont en général pas très téméraires.
La prochaine attraction proposée sur le guide de la "pension", est un safari au coeur de la forêt sauvage dans laquelle nous résidons.Déception: du fait de la pluie fine qui tombe depuis quelques heures, l'excursion nous est fortement déconseillée par l'équivalent indien des gardes forestiers français...Ni une ni deux, notre guide s'insurge, grogne, discute de manière "animée" avec le maître des lieux, pour finir par se tourner vers nous et nous dire d'un air décide:"We go with my car!"Le temps de rejoindre ladite voiture, et nous partons donc pour un safari version personnalisée en plein milieu d'un forêt sauvage inconnue, sans aucune idée de la route à suivre, ni de la typographie des lieux...... ça promet!
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