jeudi 2 octobre 2008

Un WE dans la région de Coorg ...

Le WE du 25-26, nous décidons d'aller visiter la région de Coorg, au sud ouest de Bangalore, qui est surnommée l'Ecosse indienne, avec Arnaud, Pierre et Aurélie.Il s'agit a priori d'une région plutôt humide, et donc très verte.Nous comptons y trouver des plantations de thé et de café, des champs de récolte de miel, et des rizières.Les garçons pensent pouvoir jouer au golf et pêcher (chacun son truc!).


Le départ est fixé à 5h, ça nous semble raisonnable au vu des horaires que nous avons déjà fait pour d'autres WE.Nous nous retrouvons donc en bas, et montons dans le taxi; nous avons la joie de retrouver notre chauffeur de Pondichéry, qui, malgré le fait de ne pas toujours nous avoir bien aiguillé, a bien le mérite d'être vraiment très gentil!Cette fois-ci, nous avons tous emmené notre oreiller pour pouvoir s'installer au mieux dans la voiture.


Nous arrivons dans la région de Coorg, dans la ville de Madikéri, aux alentours de 10h30.Comme d'habitude, le premier objectif, c'est l'hôtel. Nous mettons bien 30min avant d'atteindre l'hôtel en question, qui est haut perché dans les hauteurs; on y accède par de petites routes sinueuses qui passent au milieu des rizières d'un vert surprenant.L'hôtel en question est agréablement surprenant: nous avons cette fois-ci la chance d'avoir un rideau de douche dans la salle de bain !!!!!!Du fait du départ un peu tôt ce matin, nous n'avons pas petit déjeuné... nous devons donc tester ce que nous propose l'hôtel; au menu, des oeufs sur le plat et les toasts qui vont avec, du thé, un jus de fruits frais, des céréales... et d'un coup, tout va mieux :)


Après installation, nous partons pour visiter un fort qui se trouve à juste 5 min à l'hôtel.Nous pensions trouver un immense fort, du genre fortification contre l'ennemi, mais en réalité le tout ressemble à une sorte d'ancien monastère carré, organisé autour d'une cour centrale.L'ensemble est maintenant investi par des services publics du gouvernement.Le jardin qui l'entoure contient dans un coin deux sculptures d'éléphants assez effrayantes, du fait de leurs yeux blancs qui nous regardent fixement...Un peu plus loin, une petite porte nous amène dans une autre cour intérieure sur le côté de laquelle nous voyons un temple bleu tout simple.Nous continuons notre tour pour nous retrouver devant une ancienne église transformée en musée. A l'intérieur, quelques pièces sculptées de divinités en pierre, quelques vêtements d'une époque lointaine, et un tigre empaillé, à la fois effrayant de par son état, et magnifique.


Nous décidons ensuite de nous rendre à un temple tout proche également, curieusement un des rares temples de la région mentionnés dans les guides.Le devant du temple est constitué d'une sorte de lac carré dans lequel nous apercevons une carpe énorme, qui, nous l'apprenons ensuite, a été postée là pour nettoyer l'eau du lac!Du temple en lui même, nous ne verrons pas grand-chose, puisqu'il est fermé à l'heure où nous arrivons. Nous en faisons quand même le tour, mais il n'y a rien de vraiment intéressant à voir.


Sur le chemin du retour à l'hôtel (oui, ça ne fait que 3h que nous avons mangé, et nous avons faim), nous nous arrêtons au "Raja's seat", un jardin jadis constitué pour le Raja, qui aimait passer du temps à contempler la vue magnifique qui lui était offerte depuis un siège placé juste au bord de la colline.On peut voir toute la vallée d'ici, une vallée incroyablement verte et paisible, comparé au reste de ce que nous avons vu de l'Inde. Des rizières et des forets entières se déploient sous nos yeux.Nous nous asseyons donc bien 30min tranquillement sur les bancs prévus à cet effet, qui font face à cette merveille de quiétude. On comprend bien le Raja !!


Après manger, nous nous arrangeons avec le "travel desk" de l'hôtel pour nous trouver un guide qui pourra nous emmener dans les plantations de thé et de café.En sa compagnie, nous nous enfonçons dans les collines qui entourent Madikéri, à la recherche de plantations de café.Nous traversons un pont, au bord duquel nous trouvons un "lemon tree" dont les feuilles sentent très fort et très bon le citron; Nous continuons de marcher un peu dans ce paysage enchanteur et tellement reposant! C'est vert partout, il n'y a presque aucun bruit alentour, mis à part les quelques vaches qui broutent tranquillement dans d'anciennes rizières transformées en champs de pâture.Nous passons sous une arche de verdure, puis nous apercevons notre (en tous cas "mon") premier plant de café !!!


Nous traversons ainsi toute la plantation, apercevant au passage des plants de "Robusta", d'"Arabica", d'ananas, de poivre, de bananes, et une curieuse cucurbitacée minuscule.Toute la plantation est en sous bois, il y fait frais malgré la chaleur au soleil, c'est très agréable!


Une fois sortis de la plantation, le guide nous propose de descendre jusqu'à une cascade a priori connue de la région.Nous descendons doucement à pied par la route, il n'y a pas beaucoup de voitures, et puis ca nous permet de profiter du paysage offert par l'à-pic.La cascade est un peu cachée, il faut descendre beaucoup et s'enfoncer dans les bois pour la trouver, mais elle en vaut le coup!Elle fait bien 10 à 15 mètres de large à sa chute (ça n'est pas les chutes d'Iguaçu, mais on fait avec!).Avant d'y arriver, nous croisons des dizaines de jeunes gens qui semblent s'acharner sur leurs pieds humides avant de remettre leurs chaussures, et il nous revient en tête les recommandations de notre collègue Praveen: penser à prendre des chaussures fermées pour éviter ... les sangsues !!!Nous sommes prudents, aucun d'entre nous n'était en tongs ce jour-là!


Nous contemplons donc les chutes, sans s'approcher; il est interdit de descendre près de l'eau, probablement du fait des petites bêtes suceuses de sang... le mystère de la baignade des jeunes gens que nous avons croisés en route reste entier!Pour remonter à notre point de départ, le guide nous propose de prendre une route pittoresque, en coupant à travers les bois.L'esprit aventureux, ni une ni deux, nous sautons sur l'occasion, sans savoir ce qui nous attend:Une pente à au moins 80% sur 10km (oui, d'accord, j'exagère un peu, mais c'était pentu, et long!), avec des sangsues partout par terre, vivantes, et à l'affût de nos tendres petites chaires, le tout parcouru a moitié accroupi pour éviter les branchages qui nous fouettent en passant, mais en sautant quand même de temps en temps, pour escalader les troncs d'arbres tombés sur le chemin;Evidemment, je vous passe l'étroitesse dudit chemin, sur lequel par endroit nous ne pouvons vraiment poser qu'un seul pied, en regardant avec appréhension le gouffre qui s'ouvre à notre droite ...Nous n'avons perdu personne, et c'est le principal n'est-ce pas ?!


Pour terminer ce parcours du combattant, nous devons passer un "pont" fait de deux troncs d'arbres reliés entre eux par de petites branches disposées à intervalles réguliers de 50cm environ, et le long duquel court un câble en fer, histoire de sécuriser le tout ... Passage obligé au dessus des eaux rugissantes qui alimentent la cascade maintenant lointaine.Pour ceux qui connaissent mon appréhension du vide, vous comprendrez bien que j'étais servie!Mais je suis quand même passée, sans traîner, sans faire la fanfaronne, l'important étant d'arriver de l'autre côté!


Pff, journée éprouvante et sportive au final! Nous avons même croisé des araignées impressionnantes, et des escargots rouges presque de la taille d'une main!Nous allons donc nous coucher fatigués, mais heureux!


Le lendemain matin, nous prévoyons de nous rendre dans une réserve d'éléphants, qui, sur le papier, promet une ballade à dos de bête!!!Nous nous levons aux environs de 7 heures pour pouvoir y être suffisamment tôt pour en profiter; Evidement, nous embarquons les oreillers avec nous, histoire de finir notre nuit sur le trajet :)A l'arrivée, nous nous trouvons face à un cours d'eau, dans lequel sautent joyeusement des dizaines d'indiens, prudemment munis de gilets de sauvetage ...(Il faut savoir que contrairement à nous, les indiens n'apprennent pas à nager à l'école, et il y a nettement moins de maisons qui ont une piscine que par chez nous ...)

Nous préférons affréter un bateau pour nous rendre de l'autre côté, où nous attendent les éléphants!


La traversée est rapide, 5min a peine.Nous débarquons, et apercevons déjà un éléphant! Déception, il est entravé sévèrement.Nous verrons ensuite de nombreux éléphants, mais tous entravés à l'aide de grosses chaînes métalliques qu'ils traînent derrière eux lourdement.J'avoue être un peu déçue de ce que nous voyons, nous nous attendions à une sorte de réserve un peu sauvage, mais en réalité il s'agit d'un commerce industriel bien huilé qui met à profit l'intérêt des gens pour les éléphants;Les maîtres de ces éléphants leur font faire toutes sortes de figures, on se croirait au cirque, et ils les dirigent à l'aide d'un bâton terminé par un crochet métallique qu'ils enfoncent derrière l'oreille de l'animal pour le diriger ... un peu cruel à mon goût.


Ne voulant pas nous être déplacés pour rien, nous profitons malgré tout de la balade, mais mon coeur n'y est pas vraiment vraiment. C'était ceci dit une expérience à tenter!Nous assistons ensuite à leur bain dans la rivière, qui, à voir de notre point de vue, semblait nettement plus agréable: les éléphants sont couchés dans l'eau, et se font frotter le dos, les jambes, la tête, tout ce qui dépasse, par leur maître.Ils ne protestent même pas, ils ont l'air bien!Pierre, soucieux de communier avec la nature, et ayant très envie d'un bain, saute dans l'eau sans attendre et fait quelques brasses sous l'oeil incrédule des indiens qui attendent le prochain bateau sur la rive.


Au retour de cette petite balade, nous décidons de partir à la recherche des fameux plants de thé, pour faire le pendant au café.Le chauffeur prend ses renseignements, et nous voilà partis!Dans le genre "aventure de fin du monde", je crois que nous avons atteint un certain niveau:Plus nous nous enfoncions dans la "jungle", plus les gens que nous croisions nous disaient que les plantations étaient proches, mais nous ne les atteignons jamais ... et plus la route se dégradait: nous sommes passés d'une route goudronnée à une route en terre, puis à une route constituée de gros cailloux sur laquelle le chauffeur faisait avancer doucement la voiture, cahin caha ...Au bout de quelques kilomètres infructueux, nous décidons de faire demi tour ??? Il ne s'agirait pas de se retrouver coincés ici à la nuit tombée, simplement parce que la conduite serait trop dangereuse!Au final, nous repassons devant des plants secs et coupés que le chauffeur nous avait montré au début de notre périple: ce seront les seuls plants de thé que nous verrons du voyage (mauvaise saison sans doute ...)


Au retour, nous nous arrêtons à une réserve de bambous, malheureusement fermée du fait de l'heure (il est 18h, un dimanche).Le chauffeur, voyant notre désespoir, négocie avec le garde à l'entrée pour nous laisser entrer rien que 5min, ce que nous faisons; le temps de constater que la nuit tombe vite, que le pont pour accéder à la réserve est suspendu et balance quand même un peu, et nous voilà de nouveau dans la voiture, oreillers sur la joue, prêts pour le voyage de retour vers Bangalore.


Dernière petite frayeur du WE, nous faisons près de 30 kilomètres sur la réserve, tous inquiets à l'idée de devoir pousser ... Au final, nous trouvons une pompe à essence, et rentrons sains et saufs, fatigués mais encore une fois ravis, de ce petit WE dans la région verte de Coorg ...


Bisous, a bientôt!!

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